• 26 mai 2012
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Roumanie : Marie M. témoigne

Marie M. - Roumanie

Marie M. nous pro­pose de décou­vrir ses amis Roumains :

" ... On est au parc depuis cinq minu­tes et voilà que deux petits visa­ges bien connus, tout dégou­li­nants de glace à la fraise nous rejoi­gnent : Larisa et son petit frère Sandel, les enfants de Mariana. Ils sont reve­nus ! Ana et Larisa s’embras­sent, quelle joie de se retrou­ver ! Je les regarde en sou­riant, sur­prise pour la deuxième fois de la jour­née devant la sim­pli­cité des enfants. Elles se sont quit­tées il y a quel­ques jours seu­le­ment, elles qui pas­sent leur temps à se battre, à se crier dessus, à se dis­pu­ter et à s’arra­cher les che­veux, les voilà si heu­reu­ses de se retrou­ver ! Larisa offre même sa glace à la fraise à Ana. Tout contents, nous repar­tons un moment plus tard tous ensem­ble en direc­tion de la col­line. Et sans que per­sonne ne râle, une grande pre­mière !

“Oh, une vache !!”, s’exclame Sandel lors­que nous nous enga­geons dans le rac­courci qui passe dans les prés der­rière le grand super­mar­ché. Je me retourne, effec­ti­ve­ment, c’est bien une vache. Sandel s’élance, tout le monde le suit. Derrière la vache, il y a tantie Paraskiva assise dans l’herbe. On reste un peu avec elle, elle est toute contente de voir les enfants, mais déjà ils s’impa­tien­tent. Alors Emilia les rac­com­pa­gne chez eux pen­dant que je reste avec la tantie. Non, elle n’aura pas peur des chiens, les enfants la pro­té­ge­ront ! C’est à se deman­der qui rac­com­pa­gne qui… Tantie Paraskiva me raconte sa vie, ses trois maris, un rou­main de Moldavie, un hon­grois catho­li­que et un rou­main pocait qui l’a conver­tie. Elle me parle de ses enfants, de la guerre, du com­mu­nisme et de sa vache qui șchio­po­tează (boite) qu’elle vient amener ici tous les jours, der­rière le super­mar­ché, sur la col­line pour la faire paître. Emilia revient puis, peu de temps après, je vois la petite Andrea qui ne vou­lait pas venir au parc. Elle dévale la col­line à toute allure, et s’arrête tout juste vers nous. “Où est Ana ? Vous n’êtes plus au parc ?” Puis oublie aus­si­tôt sa ques­tion en voyant la vache șchiop (boi­teuse) de tantie Paraskiva. Elle s’ins­talle dans l’herbe avec nous. Et voi là ma troi­sième sur­prise de la jour­née, la troi­sième fois que je me retrouve bête en face de la beauté d’un enfant. Andrea la mali­cieuse, Andrea la petite ter­reur espiè­gle et insup­por­ta­ble qui ne laisse habi­tuel­le­ment que la colère trans­pa­raî­tre dans ses beaux yeux, la voilà qui reste toute sage à côté de nous, toute polie avec la tantie qui lui raconte que, de son temps, les peti­tes filles ne cou­raient pas en bas la col­line pareille­ment. Elle nous offre même son beau sou­rire et demande à la tantie com­ment c’est l’école, ajoute qu’elle aussi elle aime­rait bien y aller quand elle sera grande comme Ana et Robi. Et voilà tantie Paraskiva qui com­mence à lui appren­dre le calcul ! ... "

Marie M.

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