• 8 août 2012
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« Les vacances : une nécessité » (Benoît XVI)

Val Gardena (Suisse) CC BY-NC-ND Gianfranco Goria

“Voici qu’arrive pour beau­coup le temps des vacan­ces. Un temps dont la pers­pec­tive, depuis des mois, nous aide à sup­por­ter fati­gues et tracas, un temps dont on a mille fois rêvé et qui par­fois nous déçoit, un temps qui passe trop vite et pen­dant lequel, para­doxa­le­ment, il arrive que l’on s’ennuie. Après des mois de vie labo­rieuse, tous nous sommes fati­gués. Fatigués de courir en tous sens, fati­gués de voir et d’enten­dre n’importe quoi, fati­gués de négli­ger l’essen­tiel. Notre corps crie : je n’en peux plus ! Nos yeux et nos oreilles sont las des hor­reurs qu’ils voient, des bruits qu’ils enten­dent : nous avons soif de beauté ! Notre intel­li­gence se révolte : à quand la réflexion sur nos “pour­quoi” ? Notre cœur reven­di­que : quand pour­rai-je aimer gra­tui­te­ment ? Ainsi, après des mois de fré­né­sie, tout notre être est en état d’attente et il ne peut s’agir, comme on le croit sou­vent, que d’une las­si­tude du corps que le som­meil ou les bains de mer ou de soleil apai­se­ront. Définitivement, il s’agit d’une reven­di­ca­tion géné­rale ! Pour beau­coup – spé­cia­le­ment pour ceux qui habi­tent dans les villes et, en par­ti­cu­lier les gran­des villes –, il n’y a guère de repos sans rup­ture. Pour retrou­ver son lieu authen­ti­que, il faut s’éloigner du milieu de vie habi­tuel, il faut aller « ailleurs » sans for­cé­ment se rendre au bout du monde. Le regard a besoin de contem­pler autre chose pour décou­vrir la réa­lité dif­fé­rem­ment, telle qu’elle est en vérité. Les oreilles ont besoin de silence pour réen­ten­dre la musi­que qui est dans l’âme de tout être. La mémoire et l’ima­gi­na­tion ont besoin du tamis de l’oubli pour se déles­ter des vaines préoc­cu­pa­tions qui les épuisent et ne garder que l’essen­tiel. Le corps doit repren­dre cons­cience du rythme de la nature pour com­pren­dre que tout ne s’est pas fait en vingt-quatre heures, qu’il y a des jours et des nuits, un hiver et un été. Le cœur a besoin de soli­tude et d’inti­mité fami­liale pour se réjouir de l’amitié sans condi­tion. L’intel­li­gence a besoin de négli­ger les ques­tions à régler dans l’urgence pour se repo­ser les ques­tions de long terme, d’éternité. C’est dire avec quel soin on doit cher­cher le lieu où passer ses vacan­ces, les per­son­nes avec qui les passer, les acti­vi­tés dont on se don­nera le temps, le budget rai­son­na­ble que l’on y consa­crera. Au fond, les vacan­ces doi­vent nous rendre plus fidèles à notre cœur, plus pro­ches de Dieu : la nature, la beauté, l’amitié, la réflexion, la prière nous y aide­ront. Sans cela, « même les vacan­ces ris­quent de se dis­si­per en une vaine recher­che de mira­ges de plai­sirs. Mais de cette manière, l’esprit ne se repose[ra] pas, le cœur n’éprouve[ra] pas de joie et ne trouve[ra] pas de paix, au contraire il fini[ra] par être encore plus las et triste qu’aupa­ra­vant. » (Benoît XVI) Les vacan­ces ne sont donc pas un temps fait pour s’éclater, mais pour s’uni­fier ; ce n’est pas un temps de far­niente, mais d’acti­vité contem­pla­tive. C’est un temps de re-créa­tion et de recen­trage, d’appro­fon­dis­se­ment et de conver­sion. Voilà en quel sens « les vacan­ces sont une néces­sité » : d’elles peut dépen­dre notre salut !”

Père Thierry de Roucy
2 juillet 2011

Article de ter­re­de­com­pas­sion.com


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