• 19 février 2009
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De la Suisse au Pérou : un même besoin de présence

Sœur Emmanuelle dit : « Avant de cher­cher à m’aider, regar­dez d’abord ce qui se passe dans votre immeu­ble, dans votre entre­prise, dans votre quar­tier. Partagez, par­ta­gez. » Par cet extrait, je ne sou­haite pas que vous arrê­tiez de me sou­te­nir comme vous le faites si bien, mais une invi­ta­tion à ouvrir les yeux sur la pau­vreté tant maté­rielle, humaine que spi­ri­tuelle qui vous entoure. À Barrios Altos, même les plus pau­vres don­nent et par­ta­gent leurs mai­gres repas. J’ai pu le cons­ta­ter à plu­sieurs repri­ses. Nous avons récolté de l’argent pour payer l’enter­re­ment d’Alfredo et les gens sont venus spon­ta­né­ment nous appor­ter de l’argent d’une récolte pour payer les soins de Chano. En Suisse, les besoins finan­ciers sont moins impor­tants qu’ici, quoi que… Mais les besoins d’une pré­sence humaine, d’une amitié véri­ta­ble, c’est de cela que souf­fre notre pays. Combien de per­son­nes vivent seules chez elles, dans un home, dans un hôpi­tal ? Combien se lèvent le matin sans raison d’être ? Alors qu’une simple visite de quel­ques minu­tes peut redon­ner une espé­rance, le sou­rire, un sens à une vie. Combien de per­son­nes sont empê­trées dans des pro­blè­mes divers, alors qu’un simple regard exté­rieur peut aider ?

Dans ma der­nière lettre, je vous invi­tais à pro­fi­ter des petits bon­heurs de la vie. Cette fois, je vous invite à pren­dre sim­ple­ment du temps pour les autres, du temps pour décou­vrir les riches­ses de l’autre et les riches­ses qui s’offrent à nous lors­que nous fai­sons quel­que chose de gra­tuit, sans atten­dre ni gloire et ni lau­rier. C’est ce que je vis ici, c’est ma mis­sion. Je vous invite donc à vivre la même mis­sion que moi, mais chez vous. Prendre sim­ple­ment du temps pour rendre visite aux per­son­nes que l’on aime, offrir un sou­rire à un inconnu.

Michaël Ruch

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